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Les portes, rideaux, surfaces, vitres, etc. sont peut-être les paraboles d'un désespoir dû à la particularité de nos faculté visuelle, qui nous permet certes de reconnaître les choses, mais nous interdit en partie de connaître le réel.

Notiz 1971 SOURCE

Gerhard Richter. Text 1961 bis 2007. Schriften, Interviews, Briefe, Verlag der Buchhandlung Walther König, Köln, 2008, dans Dietmar Elger, Gerhard Richter, Édition Hazan, 2010, (traduit de l'allemand par Caroline Jouannic), p. 116


Qu’est ce qui vous a poussé à prendre comme modèle un tableau du quinzième siècle et à créer une série basée sur l'Annonciation du Titien [CR: 343/1-2, 344/1-3]?
Parce qu’il y a quelque chose, dans cette peinture, ou dans d’autres, qui s’empare de moi si elles sont bonnes - indépendamment de l’impact qu’elles ont eu à l’époque, ou la raison pour laquelle elles ont été réalisées, et de l’histoire qui leur est propre. Je ne sais pas ce qui a motivé l’artiste, ce qui veut dire que les peintures ont une qualité intrinsèque. Je pense que Goethe appelait cela la « dimension essentielle », la chose qui donne de la grandeur aux œuvres d’art magistrales.

Interview with Gislind Nabakowski, 1974 SOURCE

Gerhard Richter: Text. Writings, Interviews and Letters 1961–2007, Thames & Hudson, London, 2009, p. 85, ( traduit de l'anglais par l'équipe éditoriale ).


Si mes Abstrackt Bilder montrent ma réalité, elles montrent ma nostalgie de paysages ou de natures mortes.

Notes, 1981 SOURCE

Gerhard Richter: Textes, les presses du réel, Dijon, 2012, ( traduit de l'allemand par Catherine Métais Bürhendt ), p. 107


Évidemment, les œuvres figuratives ont aussi un aspect transcendantal parce que tout objet fait partie d'un univers fondamentalement incompréhensible, qu'elles incarnent et montrent en représentant sur le tableau toutes ses énigmes avec d'autant plus d'insistance que la « fonction » figurative est restreinte. Ceci explique la fascination croissante qu'exercent tant de beaux portraits anciens.

Texte pour la Documenta 7 1982 SOURCE

Gerhard Richter: Textes, les presses du réel, Dijon, 2012, ( traduit de l'allemand par Catherine Métais Bürhendt ), p. 109


Mes tableaux sont sans objet ; mais comme tout objet, ils sont l'objet d'eux-mêmes. Ils n'ont par conséquent ni contenu, ni signification, ni sens ; ils sont comme les choses, les arbres, les animaux, les hommes ou les jours qui, eux aussi n'ont ni raison d'être, ni fin, ni but. Voilà quel est l'enjeu. (Mais il y a quand même de bons et de mauvais tableaux.)

Notes, 1984 SOURCE

Gerhard Richter: Textes, les presses du réel, Dijon, 2012, ( traduit de l'allemand par Catherine Métais Bürhendt ), p. 117


….les paysages ou les natures-mortes que je peins entre mes tableaux abstraits ; ils représentent environ un dixième de ma production. D’une part, ils sont utiles parce que j’aime travailler d’après nature ‒ bien que j’utilise la photographie ‒ parce que je pense que n’importe quel détail de la nature a une logique que j’aimerais aussi voir en abstraction. D’autre part, peindre d’après nature ou peindre des natures mortes est une sorte de diversion ; en contrebalançant. Si je devais l’exprimer de façon quelque peu informelle, je dirais que les paysages sont un genre d'aspiration, une aspiration à une vie simple et entière. Un peu nostalgique. Les œuvres abstraites sont ma présence, ma réalité, mes problèmes, mes difficultés, mes contradictions. Elles sont tout à fait d’actualité pour moi.

Interview with Dorothea Dietrich, 1985 SOURCE

Gerhard Richter: Text. Writings, Interviews and Letters 1961–2007, Thames & Hudson, London, 2009, p. 146, ( traduit de l'anglais par l'équipe éditoriale ).


En voyant les images des bombardiers, je devine une attitude critique face à la guerre...
Ce n'est pas le cas. Ces images ne peuvent rien contre la guerre; Elles ne montrent qu'une petite frange du thème guerrier ‒ sans doute des impressions d'enfance, la peur, la fascination pour la guerre, pour de telles armes.

Entretien avec Sabine Schütz, 1990 SOURCE

Gerhard Richter: Textes, les presses du réel, Dijon, 2012, ( traduit de l'allemand par Catherine Métais Bürhendt ), p. 229-230


Avez-vous été influencé par Duchamp quand vous avez réalisé Akt auf der Treppe [ Femme descendant l'escalier ](1965) [CR: 92] et Ema (1966)[CR: 134], et quand vous avez fabriqué les 4 Panneaux de verre (1967) [CR: 160]?
Comme je connaissais Duchamp, il a certainement eu une influence. Peut-être étais-ce aussi une attitude inconsciente de contradiction, car son Nu descendant l'escalier m’a plutôt agacé. Je l'appréciais, mais je n'arrivais pas à admettre qu'il mît un terme à une certaine manière de peindre. J'ai donc fait le contraire et peint un « nu conventionnel ». Mais, comme je le disais, ceci s'est produit inconsciemment, sans but ni stratégie, de même pour Vier Glasscheiben. Je pense qu'il y avait chez Duchamp un aspect qui ne convenait pas, trop de mystère, voilà pourquoi j'ai tout simplement peint sur des vitres et présenté le problème que pose la vitre d'une autre manière.

Entretien avec Jonas Storsve, 1991 SOURCE

Gerhard Richter: Textes, les presses du réel, Dijon, 2012, ( traduit de l'allemand par Catherine Métais Bürhendt ), p. 246-247


Comment l’alternance entre tableaux figuratifs et abstraits s’est faite ?
Il n’y a pas de raison précise. Un jour je peignais des « figures », le lendemain je me suis mis à peindre de l’abstrait. Puis je commençai à faire les deux. Mais ce n'était jamais une décision consciente. C’était seulement une question d’envie. En fait, je préfère vraiment faire du figuratif mais c’est difficile. Donc, pour contourner la difficulté, je fais une pause et peins de l’abstrait ce que je préfère, en fait, parce que cela me permet de faire de belles peintures.

Conversation with Henri-François Debailleux, 1993 SOURCE

Gerhard Richter: Text. Writings, Interviews and Letters 1961–2007, Thames & Hudson, London, 2009, p. 306, ( traduit de l'anglais par l'équipe éditoriale ).


Comment expliquez-vous la difficulté que vous rencontrez avec les œuvres figuratives ?

Je peux faire de la peinture abstraite de façon presque professionnelle. En revanche, avec la figure, c’est impossible. Le hasard est exclu. On a également besoin de conditions particulières et d’un angle particulier – que l’on doit aussi avoir la capacité de trouver  – car, à partir du moment où la photographie voit le jour, elle a exclu presque tout. De plus, quand je peins une figure, j’essaie de l’introduire le mieux possible dans le tableau : ce n’est pas facile mais nécessaire car ce qui nous entoure est en général vrai, bon et parfois même beau. Une fois ces choses peintes, nous nous trouvons de fait dans le factice. Elles doivent donc être poussées jusqu’à toucher un point de rupture qui leur fera gagner une belle apparence et donneront envie de les regarder. Pour cela, elles doivent atteindre un son absolu comme celui d’un instrument ou d’une partition de musique.

 

Conversation with Henri-François Debailleux, 1993 SOURCE

Gerhard Richter: Text. Writings, Interviews and Letters 1961–2007, Thames & Hudson, London, 2009, p. 306, ( traduit de l'anglais par l'équipe éditoriale ).


Vous avez traité tous les sujets possibles : paysages, portraits, etc. Pourquoi cela ?
Parce qu’il se trouve qu’ils nous entourent. Nous en avons tous besoin. Ma méthode consiste à tenter de faire quelque chose qui puisse être compris par le monde actuel ou, au moins, de contribuer à cette compréhension. En d’autres termes, faire quelque chose que je comprends et que n’importe qui peut comprendre. Ce désir naturel de communiquer se révèle également dans d’autres domaines tels que la lecture, le discours etc. Je déteste aussi me répéter ; cela ne me procure pas le moindre plaisir. Une fois que j’ai assimilé quelque chose, j’ai besoin de repartir sur des terres inexplorées.

Conversation with Henri-François Debailleux, 1993 SOURCE

Gerhard Richter: Text. Writings, Interviews and Letters 1961–2007, Thames & Hudson, London, 2009, p. 307, ( traduit de l'anglais par l'équipe éditoriale ).


Y a-t-il des sujets qu'il vous est impossible de peindre ?
Je ne pense pas qu'il existe de sujet qui ne puisse être peint, mais il y en a beaucoup qu'il m'est personnellement impossible de peindre.

Je n'ai rien à dire et je le dis. Entretien avec Gerhard Richter, Nicholas Serota, printemps 2011 SOURCE

Gerhard Richter. Panorama. Rétrospective, Édition du Centre Pompidou, Paris, p. 25


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