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En ce qui concerne la sélection des photos, le problème de la composition est sans importance, son rôle est, au plus, négatif. La fascination exercée par un cliché ne provient pas de l'originalité de sa composition mais de ce qu'il exprime, de son contenu informatif. D'ailleurs, la composition a toujours une exactitude aléatoire.

Notes, 1964 SOURCE
Gerhard Richter: Textes, les presses du réel, Dijon, 2012, ( traduit de l'allemand par Catherine Métais Bürhendt ), p. 20

J'aime ce qui n'a aucun style: les dictionnaires, les photos, la nature, moi-même et mes tableaux. ( Car le style est violence et je ne suis pas violent. )
 

Notes, 1964-65 SOURCE

Gerhard Richter: Textes, les presses du réel, Dijon, 2012, ( traduit de l'allemand par Catherine Métais Bürhendt ), p. 37


Je ne brouille pas, ne procède pas par effacements. Le fait d'estomper n'est ni primordial, ni le signe particulier de mes tableaux.

Notes, 1964-65 SOURCE
Gerhard Richter: Textes, les presses du réel, Dijon, 2012, ( traduit de l'allemand par Catherine Métais Bürhendt ), p. 37

J'estompe pour rendre l'ensemble homogène, pour que tout soit d'égale importance. J'estompe pour que rien n'ait l'air léché, artistique, mais pour que ce soit technique, lisse et parfait. J'estompe pour que tous les éléments s'interpénètrent. J'estompe peut-être aussi le trop, le superflu en informations anodines.

Notes, 1964-65 SOURCE

Gerhard Richter: Textes, les presses du réel, Dijon, 2012, ( traduit de l'allemand par Catherine Métais Bürhendt ) p. 38


Quelle est la signification du flou dans votre peinture : éphémérité du contenu, ou cherchez-vous à mettre l'accent sur cette éphémérité ? L'image bougée est-elle caractéristique de ce médium souvent traité en amateur ?
En effet, ce flou apparent est en rapport avec une certaine incapacité. Comme je ne peux rien dire de plus précis sur la réalité, je préfère parler de mon rapport avec elle, ce qui renvoit au flou et à l'incertitude, à l'éphémère, au fragmentaire et ainsi de suite, bien que cela n'explique pas les œuvres, mais, au mieux, la raison de peindre.

Entretien avec Rolf Schön, 1972 SOURCE

Gerhard Richter: Textes, les presses du réel, Dijon, 2012, ( traduit de l'allemand par Catherine Métais Bürhendt ), p. 75


Dans vos premiers tableaux et dessins, vous faites souvent déborder les contours. Était-ce un moyen d'exprimer la difficulté de faire un énoncé précis ?
Oui, c'est aussi cela. C'était aussi une tentative de se débarrasser de la touche personnelle. Je voulais les rendre aussi anonymes qu'une photo. Mais c'était peut-être aussi le désir de la perfection, l'inaccessible, ce qui signifie alors la perte de l'immédiateté. Il manquait alors quelque chose, et c'est pourquoi j'ai donc abandonné une telle entreprise.

Interview with Dorothea Dietrich, 1985 SOURCE

Gerhard Richter: Text. Writings, Interviews and Letters 1961–2007, Thames & Hudson, London, 2009, p. 153


Comment vous en êtes arrivé à peindre ces photos floues ?
J'étais un étudiant, et en tant que tel, vous travaillez d'après l'exemple laissé par les anciens pour produire de l'art, mais ceux-ci n'étaient pas satisfaisants. Puis j'ai découvert dans la photo ce qui manquait à la peinture, à savoir que la photo apporte une variété extraordinaire de points de vue et possède de grandes richesses. C'est ce que je voulais traduire et appliquer en peinture.

Interview with Christiane Vielhaber, 1986 SOURCE

Gerhard Richter: Text. Writings, Interviews and Letters 1961–2007, Thames & Hudson, London, 2009, p. 189, ( traduit de l'anglais par l'équipe éditoriale ).


Sur quels critères choisissez-vous votre format ?
Je choisis selon ce que je ressens ; autrement dit, au hasard. Lorsque je n'ai rien fait depuis longtemps, je démarre toujours en petit, et sur le papier.

Interview with Anna Tilroe, 1987 SOURCE

Gerhard Richter: Text. Writings, Interviews and Letters 1961–2007, Thames & Hudson, London, 2009, p. 192, ( traduit de l'anglais par l'équipe éditoriale ).


Le hasard comme thème et méthode. Méthode pour faire apparaître une choses objective ; sujet pour créer un symbole ( image ) pour notre stratégie de survie.
Méthode du vivant qui ne se contente pas de traiter des circonstances, cas et événement fortuits, mais les « assimile », elle n'est pas statique et agit uniquement de cette manière.

Idéologiquement : négation du dessein, de l'opinion, de la conception du monde qui génère les schémas de société et en conséquence les « grands tableaux ». Donc, ce que je considérais souvent comme une lacune, à savoir ne pas être en mesure de « créer un tableau », n'est pas une incapacité, mais la quête instinctive de la vérité moderne que nous sommes en train de vivre ( vivre n'est pas la chose dite, mais le dire, non pas l'image, mais mettre en forme ).

Notes, 1989 SOURCE

Gerhard Richter: Textes, les presses du réel, Dijon, 2012, ( traduit de l'allemand par Catherine Métais Bürhendt ), p. 194


Vos toiles démontrent toujours une maitrise parfaite...

Contrairement à l'époque où il fallait apprendre une technique et se former dès le plus jeune âge, aujourd'hui, plus personne ne possède une maitrise absolue du médium. Peindre est devenu si facile que c'est à la portée de n'importe qui ! ‒ et ça se trouve être souvent assez mauvais. Dans ce contexte, dès que quelqu'un possède un tant soit peu de savoir-faire cela saute aux yeux du spectateur. Cela dit, pour moi, la technique est comme une évidence : cela ne m'a jamais posé de problème. Je suis juste resté très attaché à la culture de la peinture. Ce qui est le plus important, pour moi, c'est la démarche, c’est ma volonté de montrer ce que je veux donner à voir et de la meilleure manière possible. C'est pourquoi la technique est utile à mes yeux. De mon point de vue, la perfection est aussi importante que l'image elle-même.

Conversation with Henri-François Debailleux, 1993 SOURCE

Gerhard Richter: Text. Writings, Interviews and Letters 1961–2007, Thames & Hudson, London, 2009, pp. 307/308, ( traduit de l'anglais par l'équipe éditoriale ).


Si, pendant que je peins, je déforme ou détruit un motif, ce n'est pas un acte planifié ou conscient, mais qui aurait plutôt un bien fondé autre: je vois le motif, et la façon dont je l'ai peint, est en quelque sorte laid ou insupportable. Ensuite, j'ai essayé de suivre mes émotions en le rendant attrayant. Et cela implique un processus de peinture, de transformation et de destruction ‒ peu importe le temps qui est nécessaire ‒ jusqu'à atteindre ce que je pense être amélioré. Et je ne tente m'expliquer pas les raisons qui m'ont conduit à ce résultat.

Interview with Astrid Kaspar, 2000 SOURCE

Gerhard Richter: Text. Writings, Interviews and Letters 1961–2007, Thames & Hudson, London, 2009, p. 365, ( traduit de l'anglais par l'équipe éditoriale ).


La débordement rend les peintures un peu plus complètes. Quand elles ne sont pas floues, tant de détails semblent inexacts et le tout ne va pas non plus. Alors les débordements peuvent aider à rendre la peinture invincible, surréelle, plus énigmatique ‒ c'est aussi simple que ça.

Interview with Astrid Kaspar, 2000 SOURCE

Gerhard Richter: Text. Writings, Interviews and Letters 1961–2007, Thames & Hudson, London, 2009, p. 368, ( traduit de l'anglais par l'équipe éditoriale ).


Avec le pinceau, vous conservez la maîtrise. Le pinceau est chargé de peinture et vous posez la touche. Avec votre expérience, vous savez très exactement ce qui va se produire. Mais avec le racloir, vous perdez la maîtrise.
Pas toute la maîtrise, une partie seulement. Cela dépend de l'angle, de la pression et de la peinture particulière que j'utilise.

Je n'ai rien à dire et je le dis. Entretien avec Gerhard Richter, Nicholas Serota, printemps 2011 SOURCE

Gerhard Richter. Panorama. Rétrospective, Édition du Centre Pompidou, Paris, p. 27


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